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I – Boucle d’or chez les ours gentils – 1er épisode - Une Mémé d'amour....
Youpi ! Perm’ accordée pour aller chez Mémé !
Madame Mère lâche du mou, non sans une flopée de recommandations qui seront vite oubliées dès que le coin de la rue aura été tourné…
La blondinette aux cheveux longs frisés mais domestiqués en boucles anglaises, bien joliment décorée d’une robe fabriquée maison digne d’une princesse, a le droit de sortir de sa boîte ainsi que sa soeur quasi jumelle d’un an de moins...
Attention ! Pas question de se salir !
Bref ! " cause toujours, tu m’intéresses " pense l’enfant…
Deux petites filles bien sages qui descendent tranquillement le chemin de la maison, qui parcourent d’un pas léger et bien cadencé les quelques mètres qui vont les mettre hors de l’œil de lynx de leur mère et qui caracolent joyeusement vers le royaume merveilleux…
Plus que quelques marches à gravir et la souplesse des gambettes de leurs 6 et 7 ans les emporte rapidement vers le paradis, là, tout en haut de la côte….
Là, se niche la petite maison des grands-parents… Pépère n’est pas encore rentré mais Mémé accueille les petites filles : " Ah ! mes petites chéries ! "….
Une bonne grosse Mémé qui n’est même pas une vraie grand-mère… Juste la deuxième femme du Pépère maternel…
Elle n’a pas eu d’enfant à elle, mais c’est une fée…
Et pourtant, elle n’a pas bonne réputation dans la famille… Bouclette est encore petite mais elle a compris une partie des conversations des adultes assez déplaisantes qu’elle a réussi à choper… (A cette époque, on prenait encore les enfants pour des choses insignifiantes et c’était plutôt humiliant, d’ailleurs).
Il paraît que la Mémé avait eu des bontés pour un Allemand pendant la guerre mais Bouclette a compris bien plus tard le choix de son vert grand-père, mais pour le moment, c’est une histoire qui ne l'intéresse pas et qui ne l'intéressera jamais, de toute façon !
N’empêche, Mémé était une crème de grand-mère pour les deux petites….
Le pas de la porte à peine franchi et après une avalanche de bisous, elle ouvrait tout grand le bas du buffet : " Servez-vous mes petits anges "… Et là les deux petites sœurs découvraient une boîte remplie de biscuits et de bonbons avant de s’adonner à des choses interdites à la maison…
Quoi de plus génial que de gargoter pour un enfant ? Dans cette maison, il y a avait un robinet et des brocs…Et Mémé laissait jouer les petites filles qui s’en donnaient à cœur joie… Plus elles éclaboussaient le sol de briques et plus Mémé riait et était heureuse !
Et un des autres des purs bonheurs était le salage du beurre ! Mémé achetait des mottes de beurre chez un fermier du coin. Elle en gardait une petite partie en beurre frais (appelé doux maintenant) et en salait une autre. Du demi-sel et du salé...
Elle grimpait les gamines sur des chaises, retroussait leurs manches, leur mettait d’immenses torchons en guise de tabliers et les petites pataugeaient délicieusement là-dedans de leurs petites mains agiles…
Puis venait le temps du repos… Après un savoureux goûter, bien entendu !